I)Enfance
Je suis née le 27 septembre 1975 dans une fatrie de quatre. Nous résidions à ma naissance à Guesnain, un petit village du Nord de la France dans une cité minière, je proviens d'un milieu ouvrier. Mon père était à l'époque alcoolique et métallurgiste,ma mère au foyer s'occupant de nous.
1981 : ma mère doit se faire opérer d'un genou et comme mon père ne peut pas s'occuper de nous, nous sommes donc tous les quatre placés dans deux familles différentes : ma soeur aînée avec ma soeur cadette et moi avec mon frère.
Mon père se coupe le pouce et réalise qu'il faut qu'il arrête de boire! Il va donc en cure de désintoxication.
1982 : déménagement pour mutation professionnelle dans le Territoire de Belfort dans un petit village prénommé Sevenans.
1983 : mon frère aîné est placé dans un foyer jusqu'à sa majorité pour hyperactivité.
Pour aller à l'école, on prenait un bus qui nous conduisait au village voisin et un jour la porte s'est reférmée sur mon majeur droit. J'en garde encore la cicatrice.
Ensuite, l'école de notre village s'est réouverte et pour s'y rendre , on devait passer en dessous d'un pont. Je faisais souvent des cauchemards par rapport à ce pont où je rentrais à l'intérieur et au fur et à mesure que j'avançais la sortie se refermait. Je faisais alors demi-tour et la même chose se produisait. Je restais donc enfermée dans ce pont, seule, dans le noir.
Je me souviens aussi d'une fois où je me suis rendue en vélo près de la rivière près de chez nous, j'aimais bien cet endroit et je me suis trop approchée du bord. Je suis tombée à l'eau et me serais noyée si je n'avais pas réussi à me retenir au bord. Parfois, lorsque ça va mal je m'imagine ce moment et je cherche le bord qui me sauvera de la noyade.
Dans notre maison neuve, il y avait 3 chambres : une pour nos parents, un pour mon frère lorsqu'il veani en perrmission et la dernière pour nous les filles. Je me souviens que j'avais souvent des terreurs nocturnes et que je dormais entre deux matelas.
II)Adolescence :
1986: scolarisation au collège de Danjoutin. Ma soeur aînée y faisait sa dernière année. J'étais souvent convoquée dans le bureau du directeur car assez dissipée.
Une fois, je me suis faite tabassée par des filles plus grandes que moi et c'est ma soeur qui est venue me chercher tellement j'étais terrorisée.
Mes parents ont découvert que je cachais leur bouquin pornographiques dans un livre de Martine. C'est peut-être à partir de là que mon père a du penser que j'étais précoce pour mon âge.
Décembre 1987 : déménagement en milieu de 5ème toujours pour mutation professionnelle dans le Nord mais aussi parce que ma mère avait le mal du pays et que mes parents s'étaient endettés à cause de la maison. Cela m'a énormément déçue car j'avais des amis dans l'Est et que je ne connaissais personne dans le Nord. Mais nous étions jeunes et n'avions juste qu'à nous taire et à les suivre.
Arrivés à Douai, mes parents avaient eu un appartement dans une cité HLM et le contraste était plutôt saisissant. Mon père avait beaucoup de mal à s'adapter surtout lorsqu'il était de nuit car la journée c'était tellement bruyant qu'il n'arrivait pas à se reposer. Alors, il passait ses nerfs sur tout le monde. Mes parents ont donc cherché une maison dans un endroit plus calme.
1988 : décès de mon grand-père maternel d'un cancer de la gorge que je n'avais pas connu puisqu'il avait abandonné ma mère à la naissance et qu'il ne s'était jamais occupé d'elle. Je n'avais donc pas de peine, c'était un étranger pour moi.
Avril 1988 : déménagement à Dechy, un petit village à côté de Douai, dans une grande maison et il y a même un grenier aménagé. Encore un contraste avec le petit appartement de Douai.
Je n'avais pas d'amis, j'étais plutôt solitaire et complexée.
Un jour, le collège avait organisé une sortie dans un lycée professionnel spécialisé dans les arts plastiques. Malheureusement, ce jour-là, j'avais oublié de faire signer le papier d'autorisation de sortie des parents et je n'ai pas eu la présence d'esprit de contrefaire la signature. Je n'ai donc pas pu y aller mais je suis sûre que c'est la filière que j'aurais choisie si j'avais pu m'y rendre car j'étais déjà très attirée par les arts.
A un autre moment, j'ai ressenti une énorme fiérté lorsque ma professeur de français nous rendit un devoir où j'avais eu une mauvaise note car j'étais hors-sujet mais en me donnant ma copie elle me dit qu'elle n'avait pas ressentie d'aussi fortes émotions depuis longtemps.
Je me souviens aussi d'un matin où je ne voulais pas aller en cours et avais voulu faire croire à mes parents que j'étais malade mais cela ne fonctionna pas et ils m'y envoyèrent de force.
Seulement, je n'ai pas pris le bus et j'ai fugué toute la journée. Je me suis retrouvée dans un champ car je voulais aller chez ma marraine qui habitait à Somain en suivant la voie ferrée mais j'atterris dans un bois où je restais jusqu'à ce que le soir tombe. Je me suis alors souvenue que mon médecin de l'époque m'avait dit que si un jour j'avais des problèmes, je pouvais lui en parler mais je ne pense pas qu'il s'attendait à ce que je débarque à sa maison.
Il appella alors mes parents pour les rassurer et me ramena chez eux. Je fus accueillie à bras ouverts, ils me dirent qu'ils m'aimaient, ce qui devait être la première fois, et que je leur avais foutu la peur de leur vie.
Septembre 1989 : passage en seconde au lycée Châtelet à Douai. Toujours timide et introvertie, je fais la connaissance de Marjorie qui deviendra mon amie et comme je n'avais toujours pas de petit ami à l'époque, la classe nous fera une réputation de lesbiennes.
Lors d'une grève, nous allons toutes les deux dans un magasin à Douai et Marjorie me suggère de lui voler un jogging de marque. J'avais l'habitude de voler à cette époque et ce fut donc un nouveau challenge pour moi. Sauf que cette fois-ci je fus prise par l'agent de sécurité qui appella la police et nous finîmes en garde à vue.
Ma mère, qui pensa que la police viendrait faire une perquisition chez eux, distribua tout le butin que j'avais mis des mois à accumuler dans la famille et mes parents allèrent me chercher au poste, honteux et en colère.
Heureusement, il n'y eut pas de poursuites judiciaires, juste quelques mots sur mon casier qui s'effacèrent après quelques temps.
Moi aussi j'étais honteuse de m'être faite prendre et en colère contre ma mère.
Mes relations avec Marjorie se détériorèrent au point que je finis par la detester puisqu'elle s'amusait à raconter tous les secrets que je lui avait confiés.
Un jour où j'avais mis un jupe, fait rarissime chez moi, un type de ma classe se moqua de moi et je lui répondis alors spontanément que je n'avais pas à lui plaire, ce qui fit rire toute la classe et me rendit fière de ne pas mettre laisser faire.
Juin 1990 : décès de mon grand-père paternel par noyade, c'était un suicide, ce qui me fit beaucoup de peine car j'avais de bons souvenirs de lui et que c'était la première fois que je voyais mon père pleurer.
Etant plutôt forte en français, car cette matière me permettait de m'évader, je choisis donc de continuer en première littéraire et linguistique.
Septembre 1990 : en première, je retrouvais une grande partie des élèves de seconde, ce qui ne m'arrangeait pas vraiment, mais je fis la connaissance de ce qui allait être de très bons amis : Stéphanie et Claudio.
Je ne me rappelle pas beaucoup de cette année, sauf que j'avais commencé l'italien et que je ne savais pas rouler les « r » ce qui avait l'habitude de déclencher les rires dans la classe et du coup, je n'osais plus prendre la parole et redoutait que la professeur ne m'appelle pour lire un texte.
Je commençais doucement aussi à tomber amoureuse de Claudio et fis la connaissance de Céline et d'Isabelle avec qui je m'entendais bien.
En terminal, je découvris la philosophie. Je pensais que cela allait me plaire mais je n'y compris rien et le professeur ne nous aider pas beaucoup il faut l'avouer.
Je retrouvais ceux qui étaient avec moi en première, j'étais devenue vraiment amie avec Stéphanie et amoureuse de Claudio.
J'avais dejà des problèmes de dos depuis l'enfance, une hyperlordose et une atrophie des muscles plus un léger surpoids et cela commença par une sciatique du côté gauche puis par une paralysie complète des jambes. J'avais une henie discale dont on m'opéra. Seulement, voilà, à la clinique, j'attrapais un staphyloccoque doré sur un kyste en plein visage.
Je mis un mois à récupérer ma motricité le double pour me débarasser de ma difformité.
Je consultais différents dermatolgues qui se limitait à ponctionnait le liquide, qui revenait presque immédiatement, t ce ne fut qu'à SOS Mains qu'ils se rendirent compte qu'il fallait enlever le kyste qui se trouvait en dessous pour que le liquide ne revienne plus.
Seulement entre temps, j'avais repris les cours et l'on m'avait affublée du surnom d' »Elephant Man » ce qui m'appris à me créer un genre de bulle où j'évitais le regard des gens et essayais de me moquer de ce qu'ils pouvaient bien penser de moi mais ce n'était pas tous les jours évident.
Je me souviens aussi d'un jour, en cours de philo, où j'étais comme d'habitude assise au fond de la classe à côté de Claudio lorsque je l'entendit m'appeler. Mais d'une façon si étrange que je savais qu'il voulait me dire quelque chose d'important. Sur le moment, je n'osai pas relever la tête puis je pris mon courage à deux mains et le fixa dans les yeux. J'attendis une réponse de lui pendant quelques minutes qui me parurent interminable mais il me répondit « non, rien ». j'avais compris qu'il ressentait autre chose pour moi que de l'amitié mais qu'il avait sans doute peur que l'on évolue vers quelque chose qui nous fasse perdre cette amitié.
Je réussis malgé toutes ces déboires à obtenir mon bac sans avoir réellement travaillé pour l'obtenir.
Juillet 1993 : première expérience amoureuse pendant la fête forraine de Gayant à Douai avec un type qui ressemblait déjà à l'époque à un mauvais garçon. Ce fut bref et très décevant.
Septembre 1993 : entrée à l'Université de Lille III en DEUG de Lettres modernes, ce qui n'était pas mon choix, la psychologie (!!!!) m'ayant été refusé car je ne venais pas d'un bac scientifique.
Je me retrouvais avec Céline et Isabelle avec qui je devais prendre un appart mais je pris peur au dernier moment et dut faire l'aller-retour tous les jours.
Premier jour d'amphithéâtre : début de crise d'angoisse due à l'agoraphobie, perdue au milieu de cette foule. L'université ne me convenait pas du tout car je ne savais pas ce que je faisais là et mes crises devenaient de plus en plus rapprochées.
Cela empira lorsque je dus faire un exposé car l'idée de prendre la parole me tétanisait. J'allais même voir un sophrologue pour lutter contre cette peur mais n'y arrivit pas. Et je ne retournais plus à l'université depuis ce jour.